Bonjour Yves,
Piégeux s’il en est ces satanés ciliés !
Je pense en effet qu’il s’agit bien d’individus de la famille des
Oxytrichidae que tu as vus là. En tout cas c’est ce vers quoi on s’oriente avec le petit guide de Foissner :
Illustrated guide and ecological notes to ciliate indicator species (Protozoa, Ciliophora) in running waters, lakes, and sewage plants.
C’est après que les choses se gâtent, car on recense en définitive pas loin de 45 genres souvent très difficiles à distinguer, du moins sans préparation et sans matériel idoine vraiment hors de portée des amateurs que nous sommes (fussions-nous avertis ou pas !)
Dans sa clé Foissner consacre 7 pages aux
Hypotrichia (qui ont donc des cils, ou plutôt des cirres, uniquement sur le ventre). Dans cet inventaire seuls les genres
Oxytricha, Stylonychia, Sterkiella et Histriculus, semblent convenir dans ton cas.
Mais Foissner ne mentionne que les genres les plus courants. J'y ajouterai volontiers
Gastrostyla (que tu évoques aussi),
Notohymena,
Steinia ….
Les critères d’identification concernant le nombre et la disposition des macronoyaux, de la vacuole pulsatile,voire même de la taille et de la forme générale sont quasi secondaires par rapport à celui
du dénombrement et de l’arrangement des cirres qui est fondamental (hélas

…. car leur mise en évidence est difficile sur le vivant) Caractéristiques sont en effet les rangées de cirres marginales gauche et droites, le groupe des cirres frontaux, des fronto-ventraux, des transversaux, des oraux, etc. etc.
Si l’on en reste au statistiquement le plus probable, je pense que l’on peut éliminer
Stylonychia, faute effectivement des trois cils caudaux (à insertion dorsale….) distinctifs du genre et s’orienter vers
Oxytricha dont je crois avoir lu qq part qu’il s’agissait à présent d’un "super genre" plutôt que d’un genre tout court…Le genre
Steinia pourrait aussi être un excellent outsider ici…
Sur le vivant, pour la mise en évidence des cirres (faisable uniquement sur des individus suffisamment transparents), j’opère essentiellement par vidéo en suivant un bestiau pas trop rapide, et en jouant au max sur une mise au point ventrale. Si la bête est visible par le dessus (face dorsale au dessus donc) ce sera moins facile. Puis je repasse les vidéo enregistrées image par image en sélectionnant les meilleures que je retouche a posteriori pour améliorer netteté et contraste.
A noter que de nombreux ciliés bougent beaucoup ! Toutefois, l’eau de la préparation s’évaporant, les cellules finissent par être écrasées par la lamelle : c’est le moment idéal pour l’inventaire des cirres, juste avant que le cilié n’éclate !
Avec un peu de chance et beaucoup de patiente on peut obtenir des images exploitables comme celle-ci (Stylonychia sp.)

- Stylonichia 1 copie.jpg (153.87 Kio) Vu 191 fois
Pour ce qui est de l’espèce…. joker

!