Bonjour à tous,
Je me suis permis cette rectification non pas pour ergoter, cela n’aurait aucun intérêt, mais pour répondre à une demande faite par un étudiant dont je ne connais pas le cursus et lui éviter d’être repris par son correcteur.
La réponse à la question des labiacéees a été apportée par Daniel.
J’y apporte quelques précisions.Les termes Labiée ou Labiaceae ont été crées à partir du latin labium qui signifie lèvre.
En usant de ce qualificatif, on mettait en évidence à l’intérieur de cette famille, parmi tous les autres critères la définissant, un critère particulier l’importance de la forme des pétales.
L'emploi de ces termes soulignait le fait que la fleur présentait une corolle à deux lèvres.le pétale supérieur protège le pollen tandis que le pétale inférieur facilite la fécondation de la plante en permettant aux insectes de s’y poser.
Parmi les Labiées, le terme Lamium, genre créé par Tournefort a été formé à partir de lamia (ogres féminines) dérivant de laïmos (gosier).
Le genre Lamium ayant été pris comme référence pour la création de la famille, en application des règles de la nomenclature botanique, la famille des Labiaceae est devenue celle des Lamiaceae.
Il ne faut pas que ce point de détail nous gâche le plaisir de l’herborisation et de la botanique et encore moins que l’arbre nous cache la forêt.
Un point beaucoup plus important pour un étudiant en botanique est celui de l’évolution de la systématique car la taxonomie (science de la classification des êtres vivants) est devenue complexe.
Cette science évolue en raison des découvertes apportées par de nombreuses disciplines: biochimie, embryologie, paléontologie, anatomie comparée et biologie moléculaire avec une technique de premier choix, le séquençage de l’ADN des espèces étudiées.
Ces apports ont permis l’émergence d’une nouvelle discipline, la phylogénie, qui remet sérieusement en cause les classifications traditionnelles. La phylogénie étudie l’évolution des espèces sur le principe fondamental suivant « qui est proche de qui » et non pas sur celui qui « descend de qui ».
J’invite ceux qui seraient intéressés par le sujet à consulter les ouvrages ci-dessous :
-Lecointre et Leguillader. Classification phylogénétique des êtres vivants-Belin 2006-39 euros.
-Claude Combes. Darwin dessine-moi les hommes. Editions le Pommier 2006-25 euros
-et pour d’éventuels enseignants, comment comprendre et enseigner la classification du vivant guide Belin de l’enseignement 25 euros.
En outre une visite du site du professeur Boudouresque, professeur à l’Université de Marseille, permettra aux étudiants de mieux comprendre ce qu’est un clade, un groupe monophylétique, un groupe paraphylétique et d'éviter de graves erreurs de raisonnement.
http://www.com.univ-mrs.fr/~boudouresqu ... nement.htm
Pour reprendre sa pensée, exprimée parfaitement dans une des images du diaporama que vous visionnerez certainement, (UE 12 "Microbiologie"- Licence- les 2 premières heures de cours), l'Homo sapiens en raison des données apportées par la phylogénie est plus proche du bolet qu'une algue brune ne l’est d'une algue verte !
La notion d’algue en tant qu’entité biologique n’existe plus même si ce terme peut encore être employé sous réserve de préciser la nature de l’objet de l’étude. Aujourd’hui les termes d’algues, de végétaux, de protozoaires, de champignons au sens ancien etc.ne signifient plus rien car ils n’apportent aucune information et sont synonymes de truc ou de machin !
Ces notions fondamentales sont parfois difficiles à comprendre mais quand elles sont assimilées, elles permettent d’avoir un regard neuf sur le monde du vivant.
Cordialement à tous
Jean-Claude