Bonsoir tout le monde, Frédéric,
D'abord merci, tu as su déjouer (et avec quelle maestria!) les caprices d'une cerise en devenir: ce doit être dans tes gènes que de savoir ainsi maitriser les adolescents rétifs, fussent-ils des arbres fruitiers!
L'image est très belle, et me convainc une fois encore de revenir à l'aquarelle, plutôt que de m'entêter à stacker des pauvres sujets biologiques qui ne m'ont rien demandé...
Pour ce qui concerne l'hydrobio (métier gravement en péril: tout les décideurs se fichent de la qualité de l'eau naturelle comme de leur première liquette, et ne mettent pas les euros qu'il faudrait dans un suivi
sérieux...), il faut (un tout petit peu!) aller au-delà de la DBO5, DCO, Redox, et autres
photographies d'un milieu.
L'avantage des bestioles (et micro-plantes) c'est qu'elles agissent comme des bandes vidéo relativement à l'état des écosystèmes aquatiques. Elles permettent ainsi une évaluation (sur la durée) de la perturbation d'une station, au travers d'espèces dites polluosensibles (je préfère la notion de bio-information, car il n'y a pas que la pollution, il y a aussi la chenalisation, et autres atteintes à la dynamique fluviale, etc.).
Problème: les premiers outils, et singulièrement le nôtre, franchouillard, ont reposé sur des anomalies (et je suis gentil!) d'analyse, et on lit souvent que la présence de Plecoptera par exemple ("mouches de pierre", stoneflies) est révélatrice d'un milieu peu voire pas pollué...
Ce n'est pas franchement vrai: ces larves sont sensibles à une faiblesse du taux d'O2 dissous, et à une température trop élevée, mais concentrent allègrement les polluants... (pas toutes, mais bon..).
De même pour les Odonates, qui ne sont indicatrices que de présence d'eau...(et pas grand chose de plus!), et dont les graisses stockent allègrement, et sans effet léthal (jusqu'à un certain point quand même!) du DDT par exemple...
Alors voilà, et sans vouloir obscurcir le ciel, on est dans un système qui 1) ne sait plus enseigner la taxinomie; 2) ne met pas les sous nécessaires à un suivi des écosystèmes aquatiques; 3) est à la botte des pollueurs et aménageurs de tous poils..
Comment donc rester les bras ballants devant tant d'incurie?
J'avoue que de me retrouver "
retired" comme le disent gentiment les anglo-saxons m'évite de perpétuer la réputation de grenade dégoupillée que l'on m'a un peu faite dans le milieu, ce qui ne m'interdit surtout pas de continuer à travailler et publier, mais là, dans le seul intérêt collectif, bénévolement, et sans épée de Damoclès institutionnelle...
Merci Frédéric pour ton "
tribute" qui m'a permis cette petite ronchonnade!
Poursuis ton travail, il me comble, et mérite (André à raison) une rubrique à part, une sorte de collection artistique sur le forum...
Bonne soirée à toutes et tous,