Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
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Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjour à tous
Les folioles* de feuilles de pistachier térébinthe se transforment en énormes pseudo-gousses qui abritent de grande familles de pucerons jaunes. Selon ce que l'on peut trouver sur le web plusieurs taxons sont cités : Baizongia pistaciae ou Geoica utricularia.
Du coup je ne sais et compte sur l'aide de spécialistes pour m'indiquer les critères à rechercher pour éventuellement trancher la question.
En fait je m'intéresse au phénomène de cette abri offert par la plante parasité, qui semble offrir un liquide nourricier aux pucerons, liquide qui est légèrement collant et nauséabond pour nous. Quel est l’intérêt de la plante dans ce deal ???
(*A noter que les folioles non parasitées et le reste de la feuille disparaissent totalement)
Localisation
Dans le Minervois dans le sud ouest de l'Hérault, sur le flanc nord de la vallée de l'Aude, en expo plein sud, vers 250m d'altitude.
Les folioles* de feuilles de pistachier térébinthe se transforment en énormes pseudo-gousses qui abritent de grande familles de pucerons jaunes. Selon ce que l'on peut trouver sur le web plusieurs taxons sont cités : Baizongia pistaciae ou Geoica utricularia.
Du coup je ne sais et compte sur l'aide de spécialistes pour m'indiquer les critères à rechercher pour éventuellement trancher la question.
En fait je m'intéresse au phénomène de cette abri offert par la plante parasité, qui semble offrir un liquide nourricier aux pucerons, liquide qui est légèrement collant et nauséabond pour nous. Quel est l’intérêt de la plante dans ce deal ???
(*A noter que les folioles non parasitées et le reste de la feuille disparaissent totalement)
Localisation
Dans le Minervois dans le sud ouest de l'Hérault, sur le flanc nord de la vallée de l'Aude, en expo plein sud, vers 250m d'altitude.
Modifié en dernier par chondrina le 09 sept. 2011 16:38, modifié 1 fois.
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Quel est l’intérêt de la plante dans ce deal ???
Le phénomène fût peut-être étudié et expliqué, mais je l'ignore.
Je me garderai bien d'énoncer une hypothèse.
Cependant, on peut objectivement constater que cette technique permet de limiter géographiquement l'infestation du prédateur sur la plante. La présence des pucerons est strictement circonscrite sur quelques zones parfaitement adaptées (*), et je suis persuadé que la plante exerce une forme de contrôle des naissances dans ces nurceries.
(*) et largement à l'écart des organes reproducteurs, qui sont fréquemment assaillis lors de leur constitution.
PS: c'est un pistachier persistant ou caduc ??
Le phénomène fût peut-être étudié et expliqué, mais je l'ignore.
Je me garderai bien d'énoncer une hypothèse.
Cependant, on peut objectivement constater que cette technique permet de limiter géographiquement l'infestation du prédateur sur la plante. La présence des pucerons est strictement circonscrite sur quelques zones parfaitement adaptées (*), et je suis persuadé que la plante exerce une forme de contrôle des naissances dans ces nurceries.
(*) et largement à l'écart des organes reproducteurs, qui sont fréquemment assaillis lors de leur constitution.
PS: c'est un pistachier persistant ou caduc ??
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjour,
Pour moi, rien de drôle ou de bizarre. Je prends l’exemple des inflorescences rougeâtres des joncs. Ce sont des galles qui sont dues à Livia juncorum, les jeunes vont hiverner dans ces galles. Les galles ne sont l’exclusivité de la famille Liviidae, les pucerons ont une grande part. Dans ce cas, lorsque les pucerons seront adultes, ils sortiront de leur galle, le cycle peut continuer ! Non ?
Pour moi, rien de drôle ou de bizarre. Je prends l’exemple des inflorescences rougeâtres des joncs. Ce sont des galles qui sont dues à Livia juncorum, les jeunes vont hiverner dans ces galles. Les galles ne sont l’exclusivité de la famille Liviidae, les pucerons ont une grande part. Dans ce cas, lorsque les pucerons seront adultes, ils sortiront de leur galle, le cycle peut continuer ! Non ?
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Gérard:
Dans ce cas, lorsque les pucerons seront adultes, ils sortiront de leur galle, le cycle peut continuer ! Non ?
C'est une évidence que personne ne cherchait à contester...
Mais le propos initial était de savoir si la plante pouvait trouver un avantage dans cette "association" vraissemblablement non souhaitée, mais de toute évidence bien organisée : en circonscrivant l'infestation de pucerons dans des espaces dédiés, le risque sanitaire est pour elle (la plante) bien moins grand.
Donc pas d'avantages, mais pas d'inconvénients...
En un mot, un parasitisme géré, donc bien toléré.
Expliqué d'une manière plus primaire : une plante recouverte de la tête aux pieds, y compris sur les organes reproducteurs, d'une armée de pucerons voit son espérance de vie nettement compromise.
Deuxio, la présence du puceron ne doit pas apporter par elle-même grand-chose, MAIS rien ne dit que la flore microbienne associée ne soit pas à l'origine de synthèses organiques récupérées par la plante (sans constituer pour autant une symbiose). C'est un domaine complexe, remontant à la nuit des temps, et encore mal connu.
Dans ce cas, lorsque les pucerons seront adultes, ils sortiront de leur galle, le cycle peut continuer ! Non ?
C'est une évidence que personne ne cherchait à contester...
Mais le propos initial était de savoir si la plante pouvait trouver un avantage dans cette "association" vraissemblablement non souhaitée, mais de toute évidence bien organisée : en circonscrivant l'infestation de pucerons dans des espaces dédiés, le risque sanitaire est pour elle (la plante) bien moins grand.
Donc pas d'avantages, mais pas d'inconvénients...
En un mot, un parasitisme géré, donc bien toléré.
Expliqué d'une manière plus primaire : une plante recouverte de la tête aux pieds, y compris sur les organes reproducteurs, d'une armée de pucerons voit son espérance de vie nettement compromise.
Deuxio, la présence du puceron ne doit pas apporter par elle-même grand-chose, MAIS rien ne dit que la flore microbienne associée ne soit pas à l'origine de synthèses organiques récupérées par la plante (sans constituer pour autant une symbiose). C'est un domaine complexe, remontant à la nuit des temps, et encore mal connu.
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjour et merci de votre intérêt.
Le pistachier térébinthe est un petit arbre persistant, rustique et méditerranéen.
Je vais continuer à observer mensuellement l'évolution des populations de pucerons à l'intérieur des gales.
Je ne suis pas convaincu par l''argument de la localisation des gales. Le fait que la ponte se fasse à l'intérieur de la foliole est simplement mécanique : c'est la partie la plus tendre de la plante accessible à la "foreuse" de la femelle qui doit franchement être minusculissime. En injectant sa ponte elle doit fournir une information biochimique qui provoque une réaction qui enclenche une réponse automatique de la plante qui se met à fabriquer l'abri nourricier où se développeront les jeunes. C'est quelque chose qui vient de loin dans le temps. Une adaptation qui fait reprendre la croissance d'une foliole au dépends du reste de la feuille.
Évidemment j'en sais assez peu sur l'ensemble. Peut-être que ce puceron est spécifique au térébinthe et lui assure une protection contre d'autres espèces puceronnesque qui pourrait lui nuire, préférant ainsi entretenir une population d'auxiliaires connus. Peut-être ces pucerons jouent-ils un rôle dans la reproduction de la plante...
Je pense qu'il y a forcément co-évolution pour arriver à une telle sophistication. Cela me donne envie de mettre un pistachier en pot + les pucerons et d'en observer le cycle.
Mais si d'autres ont déjà les résultats d'une telle observation...
Le pistachier térébinthe est un petit arbre persistant, rustique et méditerranéen.
Je vais continuer à observer mensuellement l'évolution des populations de pucerons à l'intérieur des gales.
Je ne suis pas convaincu par l''argument de la localisation des gales. Le fait que la ponte se fasse à l'intérieur de la foliole est simplement mécanique : c'est la partie la plus tendre de la plante accessible à la "foreuse" de la femelle qui doit franchement être minusculissime. En injectant sa ponte elle doit fournir une information biochimique qui provoque une réaction qui enclenche une réponse automatique de la plante qui se met à fabriquer l'abri nourricier où se développeront les jeunes. C'est quelque chose qui vient de loin dans le temps. Une adaptation qui fait reprendre la croissance d'une foliole au dépends du reste de la feuille.
Évidemment j'en sais assez peu sur l'ensemble. Peut-être que ce puceron est spécifique au térébinthe et lui assure une protection contre d'autres espèces puceronnesque qui pourrait lui nuire, préférant ainsi entretenir une population d'auxiliaires connus. Peut-être ces pucerons jouent-ils un rôle dans la reproduction de la plante...
Je pense qu'il y a forcément co-évolution pour arriver à une telle sophistication. Cela me donne envie de mettre un pistachier en pot + les pucerons et d'en observer le cycle.
Mais si d'autres ont déjà les résultats d'une telle observation...
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Chondrina:
Le pistachier térébinthe est un petit arbre persistant, rustique et méditerranéen.
Rustique et méditerranéen certes, mais strictement caduc.
Si ton pistachier est persistant, il s'agit de Pistacia lentiscus (lentisque, ou restincle).
Si les gales se trouvent sur un lentisque, c'est intéressant...
Le pistachier térébinthe est un petit arbre persistant, rustique et méditerranéen.
Rustique et méditerranéen certes, mais strictement caduc.
Si ton pistachier est persistant, il s'agit de Pistacia lentiscus (lentisque, ou restincle).
Si les gales se trouvent sur un lentisque, c'est intéressant...
- claude
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Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjour à tous,
je suis d'accord avec alain, je pense aussi a un lentisque.
Le puceron qui produit la galle est :Anopleura lentisci.
Amicalement.
Claude.
je suis d'accord avec alain, je pense aussi a un lentisque.
Le puceron qui produit la galle est :Anopleura lentisci.
Amicalement.
Claude.
Le savoir humain sera rayé des archives du monde avant que nous ayons le dernier mot d'un moucheron.
jean henri FABRE.
jean henri FABRE.
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjour
je suis un peu confus... de l'avoir été !
J'ai oublié le sens botanique du mot "persistant", voulant seulement signifier que ce n'était pas une plante annuelle.
Je vais retourner prélever une branchette et sortir le Bonnier vous vous donner une détermination sure de l'arbuste, ayant maintenant le doute.
Désolé pour cette confusion.
je suis un peu confus... de l'avoir été !
J'ai oublié le sens botanique du mot "persistant", voulant seulement signifier que ce n'était pas une plante annuelle.
Je vais retourner prélever une branchette et sortir le Bonnier vous vous donner une détermination sure de l'arbuste, ayant maintenant le doute.
Désolé pour cette confusion.
- Fritillaria
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Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjours à tous!
je pense au contraire à un P. terebinthus, parce que en regardant la première photo on peut observer le feuilles imparipennées, tandis que P. lentiscus a feuilles paripennées,
amicalement,
Laura
je pense au contraire à un P. terebinthus, parce que en regardant la première photo on peut observer le feuilles imparipennées, tandis que P. lentiscus a feuilles paripennées,
amicalement,
Laura
Re: Pucerons dans gale de pistachier térébinthe
Bonjour je confirme il s'agit bien de pistachier térébinthe avec foliole terminale à chaque feuille (bravo laura !).
Bonnier parle d'un puceron qui provoque des gales spécifiques : Aphis pistaciae qui aujourd'hui se nomme Baizongia pistaciae Linné.
En faisant quelques recherches sur le cycle du puceron :
- Jusqu'à 15000 insectes par galle
- Plusieurs générations parthénogénétique se succèdent dans la gale jusqu'au vol des imagos en septembre/octobre.
- se réfugient au niveau des racines de Poaceae (graminées) en hiver.
Évidemment, la phylogénèse de ce comportement n'est pas connue...
Pour en savoir plus :
http://knol.google.com/k/baizongia-pist ... oiss-trees#
The life cycle (holocyclic - with an obligatory sexual phase) of B. pistaciae lasts two years. Several generations of parthenogenic reproduction are interrupted by a single sexual generation. This involves alternation between the primary host (Pistacia trees) used by active aphids during spring and summer, and the roots of various Poaceae (grasses and cereals) as secondary hosts in fall and winter. Host alternation is accomplished by winged aphids: in autumn, following desiccation and opening of the galls on Pistacia trees, fall migrants disperse on the ground where they reproduce and conquer root grasses. In the next spring, migrants fly from overwintering colonies on the secondary hosts to the primary ones and deposit the sexual generation. These mate and lay overwintering eggs from which gall fundatrices hatch the following spring. They produce new galls in young apical buds that serve as incubators in which the single fundatrix reproduces parthenogenetically, resulting in a clone of thousands of genetically identical offspring (Wool 1995). During migration from host to host, a part of the winged aphids actively fly to neighbor plants, while others are carried along by winds. Among the latter, mortality may reach very high level. Using genetic tools, Martinez et al. (2005) indirectly showed that survival and, as a consequence, production of offspring are higher in aphids flying to near hosts than in individuals transported far away by winds.
4. Ecology of Baizongia pistaciae [L.]
B. pistaciae is a specialist: it creates galls only on P. palaestina or in Pistacia terebinthus. P. palaestina is now considered as a variety of P. terebinthus (Kafkas and Perl-Treves 2001; Kafkas 2006). This aphid is unable to establish on other Pistacia species like atlantica or lentiscus. Its galls are found in greater number in trees growing in disturbed habitats like roadsides (Martinez & Wool, 2006), or in transitional zones (ecotones) between closed Mediterranean forests and open landscape. It parasites more often old trees than young ones, and shrub-like individuals than tree-like ones (Martinez et al., 2005).
Bonnier parle d'un puceron qui provoque des gales spécifiques : Aphis pistaciae qui aujourd'hui se nomme Baizongia pistaciae Linné.
En faisant quelques recherches sur le cycle du puceron :
- Jusqu'à 15000 insectes par galle
- Plusieurs générations parthénogénétique se succèdent dans la gale jusqu'au vol des imagos en septembre/octobre.
- se réfugient au niveau des racines de Poaceae (graminées) en hiver.
Évidemment, la phylogénèse de ce comportement n'est pas connue...
Pour en savoir plus :
http://knol.google.com/k/baizongia-pist ... oiss-trees#
The life cycle (holocyclic - with an obligatory sexual phase) of B. pistaciae lasts two years. Several generations of parthenogenic reproduction are interrupted by a single sexual generation. This involves alternation between the primary host (Pistacia trees) used by active aphids during spring and summer, and the roots of various Poaceae (grasses and cereals) as secondary hosts in fall and winter. Host alternation is accomplished by winged aphids: in autumn, following desiccation and opening of the galls on Pistacia trees, fall migrants disperse on the ground where they reproduce and conquer root grasses. In the next spring, migrants fly from overwintering colonies on the secondary hosts to the primary ones and deposit the sexual generation. These mate and lay overwintering eggs from which gall fundatrices hatch the following spring. They produce new galls in young apical buds that serve as incubators in which the single fundatrix reproduces parthenogenetically, resulting in a clone of thousands of genetically identical offspring (Wool 1995). During migration from host to host, a part of the winged aphids actively fly to neighbor plants, while others are carried along by winds. Among the latter, mortality may reach very high level. Using genetic tools, Martinez et al. (2005) indirectly showed that survival and, as a consequence, production of offspring are higher in aphids flying to near hosts than in individuals transported far away by winds.
4. Ecology of Baizongia pistaciae [L.]
B. pistaciae is a specialist: it creates galls only on P. palaestina or in Pistacia terebinthus. P. palaestina is now considered as a variety of P. terebinthus (Kafkas and Perl-Treves 2001; Kafkas 2006). This aphid is unable to establish on other Pistacia species like atlantica or lentiscus. Its galls are found in greater number in trees growing in disturbed habitats like roadsides (Martinez & Wool, 2006), or in transitional zones (ecotones) between closed Mediterranean forests and open landscape. It parasites more often old trees than young ones, and shrub-like individuals than tree-like ones (Martinez et al., 2005).


